vendredi 15 août 2014

L'huile de la tentation (Jetsun)



Ne vous laissez pas arrêter par le nom de mauvais goût et l'image "Brice de Nice" de la marque : cette huile est parfaite. Voici les qualités que je lui trouve : 
- Composition irréprochable
- odeur vanillée divine et point trop obsédante
- réelle résistance à l'eau
- flacon qui dure trèèès longtemps grâce à la qualité de l'huile (très peu suffit), mais aussi à un bouchon doseur parfait (et qui prévient tout risque de fuite)
- nacres qui subliment vraiment le bronzage, sans donner l'air d'un sapin de Noël.

Elle a définitivement remplacé pour moi l'"Huile prodigieuse" de Nuxe, certes naturelle à plus de 95 %, mais pas à 100%, et que je trouve beaucoup moins raffinée. Est-ce parce que celle de Jetsun contient de l'huile de carthame et de noyaux d'abricot, contre l'amande douce et le millepertuis chez Nuxe ? Je ne sais, mais mon choix est fait, et je vous la conseille : elle dure largement tout l'été, donc ne revient pas si cher. 

Le produit sur le site : CLIC

Attention, elle ne contient pas de filtre solaire. J'étais tentée par leur huile solaire indice 20, du coup, mais deux ingrédients posent problème et ne représentent certes pas une "innocuité complète" pour le monde marin. 
Saluons toutefois l'effort entrepris ; et vous pouvez vous ruer sur "l'huile de la tentation", qui elle est 100% nature et fera vos délices, par les beaux jours comme le soir venu (c'est officiellement une huile de massage, mais parfaite comme après-soleil et huile pour le corps). Et ce toute l'année, pour se replonger dans le souvenir du soleil et des vacances...
A ce propos, en été, lorsque je veux sentir bon et m'hydrater, mais que je ne veux pas briller, je reste fidèle au monoï pur : j'en reparlerai bientôt. Rien de tel pour retrouver le sourire en plein hiver (ou lors d'un été maussade...) que de le laisser réchauffer dans de l'eau chaude avant de s'en enduire. Ou de s'entourer, à l'automne, du foulard-paréo qui a conservé son odeur et qu'on aura volontairement omis de laver...

Bonne fin de mois d'août à tout le monde ! 

lundi 11 août 2014

Festival de la céramique d'Anduze 2014

Anduze, outre sa magnifique Bambouseraie où je vous conseille vraiment de faire un tour, est une ville dotée d'une riche tradition potière. Mais elle se tourne aussi vers des créations modernes avec son festival de la céramique. 
Cela dit... toute nouveauté n'est pas bonne à prendre. Beaucoup de stands m'ont paru couverts d'objets criards, sans grâce, sans imagination ou sans habileté, voire les deux... Bien sûr, les goûts et les couleurs... Mais il y a certains critères objectifs en matière d'artisanat. 
Toutefois, quelques-uns m'ont plu et je voulais partager avec vous ces jolies idées variées, parfois d'une texture et d'une finesse étonnantes : bijoux, vaisselle, sculpture... pour le plaisir des yeux ! (et des idées cadeau?)

Delphine Iskandar : de beaux bijoux poudrés, aériens et minéraux à la fois :


Lauriane Firoben : de curieuses planètes de feu et de glace, un beau mélange de matières

Athena Jahantigh : un cheval entre art étrusque et ironie
Marion Jonac : de la vaisselle fleurie

Marine Roussel : de la surprenante vaisselle mate qui semble en plastique souple plutôt qu'en céramique. Mais bien sûr, elle ne prend pas la lumière de la même manière.

Bénédicte Vallet : gros coup de coeur pour de délicates céramiques qui font irrésistiblement entendre l'Océan, entre sculpture et objet utile (un saladier, un plateau de fruits?)...


lundi 4 août 2014

Le Riche rêve de Notre-Dame

Début juillet, j'ai réalisé un rêve, in extremis.

Comme j'avais déjà fait un long post ici, je ne peux que répéter que je suis une grande amoureuse de Nicolas Le Riche, de son mélange de puissance brute et de finesse ciselée, le tout lié par des gestes et un jeu empreints de naturel et de spontanéité.
Or, il prenait sa "retraite" (42 ans pour l'Opéra de Paris) le 9 juillet dernier. 
Bien sûr, il va continuer à danser, à chorégraphier, mais la fin de sa carrière à l'Opéra, avec lequel il a réalisé tant de choses, promettait d'être émouvante, et surtout, je ne l'avais jamais vu sur scène, ô rage, ô désespoir. J'ai donc demandé une place pour mon anniversaire, après avoir assez longuement hésité : le dernier ballet dont il assurait la représentation, ou sa soirée d'adieu spéciale ? Le dernier ballet, c'était quand même Notre-Dame de Paris, et en vidéo, son jeu de Quasimodo me bouleversait déjà. J'ai donc opté pour cela, même si j'aurais beaucoup aimé vivre l'ambiance de la dernière soirée, la venue de nombreux amis comme M... Oui, Nicolas Le Riche (et le bien nommé si l'on parle des richesses immatérielles) est un grand danseur, mais aussi un homme aussi beau à l'intérieur qu'à l'extérieur, comme l'a si bien exprimé Guillaume Gallienne dans son discours-hommage :

Bonsoir Eve et Tess et bonsoir Clairemarie.
Bonsoir à tous, enfin bonsoir la Compagnie.
Avant que d'enchaîner avec Caligula,
Laisser-moi vous parler un peu de Nicolas,
Si riche de talents que c'est son patronyme,
Et si tous ses aïeux sont restés anonymes,
(Et j'en profite ici pour saluer ses vieux
Qui sans doute ont tous deux des larmes plein les yeux)
C'est pour que brille mieux cette étoile si rare,
Dont nous fêtons ce soir un tout nouveau départ,
Que nous lui souhaitons aussi beau, aussi dense,
Que celui qui lui fit se lancer dans la danse,
Il y a déjà trente quatre ans de cela.
Sa richesse pour moi se situe au-delà
De son nom c'est certain, mais même de son charme ;
Elle provient surtout de son art qui désarme,
Tellement il paraît naturel, comme un don
Du Seigneur et que lui dans un fol abandon,
Dépasse chaque soir humblement, avec grâce,
Pour nous faire voler dans ces airs qu'il embrasse.
Avez-vous remarquez la finesse des doigts ?
Et sa délicatesse alternée quelque fois,
Par une unique rage , une sauvagerie
Terrible ? Puis d'un coup, avec espièglerie,
 Il s'adoucit. Soudain, nous voyons cet enfant
Qu'il est souvent encore à quarante deux ans.
Il bondit comme un tigre et vole comme un ange,
Il atterrit en chat et telle une mésange,
Virevolte aussitôt sans même se soucier
De savoir si nous autres avons pu respirer.
J'ai vécu grâce à lui mes plus longues apnées,
Et n'oublierais jamais ces acmés insensées
Que dans tous ces ballets il a su nous donner.
Mais ce n'est pas fini, tout ca va continuer...
Ce n'sont pas des adieux, non, ce n'est qu'un passage.
Ton génie Nicolas est plus grand que ton âge,
Et puisque cet endroit te déclare trop vieux,
Pour continuer ici tes grands sauts périlleux,
Eh bien tu les feras ailleurs, sur d'autres scènes.
Tu auras pour créer le soutien des mécènes
Ou celui de l'Etat, ce serait pas mal çà...
Que tu puisses transmettre. Enfin, c'est pas tout ça
Mais j'entends en coulisses un cheval qui trépigne,
Et n'ayant pu trouvé de belle rime en igne,
Avant que ce canasson me dise allez oust,
Je m'en vais pour conclure citer Marcel Proust.
Il dit, pour définir un autre immense artiste,
Ce qu'à mon tour je puis dire de ce soliste,
Qui est mon ami. En toute simplicité,
Il l'appelle « Novateur à perpétuité ».

C'est vrai, j'aurais aimé le voir dans Le jeune homme et la mort, ajouter le modeste clap clap de mes mains au triomphe que vous pouvez visionner ici

Mais je ne regrette pas mon choix. Et pourtant, j'avais pris un gros risque. En effet, les distributions ne sont connues que peu de temps à l'avance, et il y en a plusieurs. Aussi ai-je dû attendre, afin de ne pas prendre une place qui m'aurait donné à voir un autre danseur, certes excellent, mais qui n'était pas le bon pour cette fois. J'ai donc dû attendre une semaine avant les dates où je devais me rendre à Paris pour savoir quel soir réserver, et bien sûr c'était complet, comme je m'y attendais. Je me suis donc jetée sur la bourse officielle des billets de l'Opéra (accessible via le site de l'Opéra mais aussi celui de Zepass), et là, miracle, une place pour le bon soir, et dans la bonne catégorie. J'étais on ne peut mieux placée, au beau milieu et assez à l'avant du premier balcon de l'Opéra Bastille (dans lequel je n'étais jamais entrée : une très belle salle).

J'ai donc pu réaliser en dimensions réelles à quel point la scénographie de ce ballet est grandiose et envoûtante : décors (René Allio) et costumes (Yves Saint Laurent), plutôt que d'imiter l'époque, en évoquent l'esprit à la fois austère et chaotique, entre le vitrail à la mode pop et les lignes toutes tracées des destinées.

Nicolas... dès qu'il courait, qu'il esquissait quelque chose de sa silhouette bancale sans caricature, j'avais les larmes aux yeux. Cela me paraît difficile, et surtout peu judicieux, d'essayer d'expliquer comment la chorégraphie et le danseur parviennent brusquement à faire passer le personnage de la laideur la plus ingrate, de l'expression même de l'ahurissement et de la diminution, à une beauté lumineuse, où toute la candeur et l'espoir transpercent tout à coup l'épaisse couche du handicap et redressent le corps vers l'amour et la lumière.
Le maquillage et la force des traits de Nicolas m'ont donné l'impression d'être près de lui malgré la distance, de le voir en plein. 
Il y a des solos impressionnants, de beaux duos et trios, de la technique, mais c'est surtout un ballet de visages, d'interprétation, comme il y en a peu.
Le corps de ballet a été exceptionnel de synchronisation, d'expressivité, de justesse. Le moment où Quasimodo est passé à tabac par les gardes laisse le spectateur bouleversé.
La grammaire gestuelle si particulière de Roland Petit, étrange, frénétique, saccadée, est ici parfaitement adaptée à la folie joyeuse ou fanatique qui s'empare plusieurs fois de la foule.


Josua Hoffalt, en Frollo, est également hors du commun. Racé, félin, furtif, glaçant, et pourtant humain l'espace d'une seconde.... Son jeu et sa danse étaient plus que parfaits.


En revanche Eleonora Abbagnato, en Esméralada, m'a semblé bien, sans plus. Mais ce sont les rôles masculins qui sont les plus beaux et les plus présents dans ce ballet, à mon avis.
C'est passé beaucoup trop vite. 
Pour finir, Roland Petit a salué aussi, et nous avons tout de même participé à 15 minutes de standing ovation et de paillettes pour Nicolas Le Riche, j'avais les mains brûlées le lendemain ! Les bravos fusaient sans cesse, ce fut un grand moment, une avant-première de la soirée d'adieu.

Il ne me reste qu'à lire le roman de Victor Hugo, que j'ai toujours désiré lire sans en avoir encore jamais pris le temps. Pourtant, je suis déjà certaine que Roland Petit et ses partenaires, ainsi que les danseurs, ont su en restituer la finesse et la beauté. 

Et à retrouver Nicolas Le Riche dans ses prochaines activités, peut-être bien même, entre autres, dans le fameux Jeune homme et la mort, en allant voir son spectacle ITINERANCES, qui passe encore en novembre à Paris.

Photos Anne Deniau sur http://aurelie-dupont.tumblr.com/


lundi 28 juillet 2014

Vacances en Cévennes

Une semaine en deux photos, et un petit mot...

 Piscine du superbe gîte grand groupe de Saint-Hippolyte-du-Fort trouvé en avril sur le site Abritel 
(idéalement, s'y prendre encore plus tôt). Une merveille, et un propriétaire hors du commun. On en fait de belles rencontres sur ce genre de sites.

Merci aux amis qui m'ont fait rire, danser, parler, réfléchir et jouer pendant une semaine !

Je vous conseille vivement de choisir un jour comme destination de vacances les Cévennes... 
Si vous visez les Cévennes Sud, vous vous trouverez dans de magnifiques montagnes basses, préservées, pleines de grottes sublimes, de charmants jardins, de cours d'eau, de villages médiévaux, de chaos rocheux, d'herbes aromatiques, d'orages rafraîchissants et de cigales, d'éperviers et d'oignons doux, vous serez idéalement situés entre Nîmes ou Avignon (1H-1H30 de route) et Montpellier (1H de route) - c'est-à-dire entre leurs innombrables festivals d'été et des dizaines de sentiers de randonnée, jusqu'au Mont Aigoual.Vous pourrez suivre les traces des Camisards et/ou de Stevenson et de Modestine, tout en lisant son Voyage avec un âne dans les Cévennes ou son Sens de la marche, vous mettre à l'heure du Sud, ne rien faire... tout cela pour bien moins cher que sur la côte méditerranéenne, et dans un cadre particulièrement dépaysant et propice au rêve.
Voilà, j'espère vous avoir donné envie de découvrir les Cévennes si ce n'est pas déjà fait !

jeudi 24 juillet 2014

Vainqueur toutes catégories : mon thé préféré

Grosse tuile : mon compact Lumix-Panasonic, qui me rendait de bons et loyaux services sans faiblir depuis huit ans, vient de me lâcher, alors que je me rendais pour la semaine dans un endroit idéal pour photographier les looks qui piaffent depuis un bout de temps... et je n'ai absolument pas les moyens de le remplacer pour l'instant, d'autant que j'aimerais, tant qu'à faire, investir dans un modèle un peu plus performant, sans doute d'occasion.
Je vais essayer de me débrouiller, mais pour l'instant, toujours pas de tenues estivales par ici... J'en suis désolée. 
Pour patienter, une pause thé :

Jusqu'à présent, je chérissais le thé vert "Marco Polo" et le thé noir "Chandernagor" de Mariage Frères ; le "thé du Hammam" du Palais des thés (vous l'aurez compris, ce sont les thés épicés que je préfère...), et tous les simples Earl Grey lorsqu'ils sont particulièrement fins...
Ils n'ont pas démérité, mais on vient de m'en offrir un nouveau qui est si délicat, équilibré, fruité, léger et intense à la fois, que je l'ai adopté pour le matin, et pour toute la saison chaude, je pense : c'est le thé "silhouette" Terre d'Oc, une nouveauté Nature et Découvertes.
Comme son nom l'indique, il joint à sa succulence l'intérêt d'une bonne aptitude à l'élimination! 
Savant mélange de thé vert, de maté, de menthe poivrée (qui fait toute la différence) et de différents fruits et plantes, c'est un régal au petit déjeuner.
Essayez-le, vous m'en direz des nouvelles... 


Il y en a d'autres dans la gamme qui sont sans doute très bons, mais dont la composition me séduit moins... La personne qui m'a offert celui-ci me connaît bien :-)

Vous pouvez en savoir plus et le commander ici : CLIC.

jeudi 17 juillet 2014

Vitrines insolites de Paris

Au gré de la promenade, j'ai pris quelques clichés de vitrines de plus en plus incongrues dans notre monde moderne, et qui plus est dans la capitale... Que tous ceux qui chérissent la restauration des vieilles choses, le joyeux capharnaüm, les boutiques improbables, les vendeurs sans façons, les vrais conseils, les objets rares, insolites, devenus introuvables, le bric et le broc se réjouissent, tout est encore possible (mais pour combien de temps ?). 






 Ca, c'est ma préférée... Et je crois bien que ce sont de petits cochons roses, à droite... Non ? Mystère... Je n'ai pas eu le temps d'entrer, mais je suis certaine que le propriétaire des lieux sait exactement où retrouver chaque livre.

Saurez-vous distinguez le vrai du faux ? 



Saurez-vous retrouver l'amie qui se cache elle aussi dans cette vitrine, et qui a fait une jolie vidéo dans laquelle on aperçoit ces chats ? 

Comme vous voyez, il n'y a pas que les vêtements et accessoires que j'affectionne vintage... C'est aussi valable pour les objets, et même les gens ! 

Si tout cela vous séduit, n'hésitez pas à vous procurer le guide Le Paris de l'introuvable : il a vingt ans, mais justement...n'est-il pas intéressant de chercher les adresses qui ont subsisté, au gré des balades ? Par exemple, celle des chats !


lundi 14 juillet 2014

A la recherche de Vivian Maier

Une rencontre récente m'a bouleversée... celle de Vivian Maier.

Vous savez, si vous me suivez depuis quelque temps, à quel point les photographes humanistes m'émeuvent et me plaisent. Eh bien, une nouvelle, grande parmi les grands, vient d'être découverte, dans des circonstances hasardeuses et miraculeuses comme seule la vraie vie peut en inventer : une vente aux enchères, un avis de décès, 160 000 clichés qui, à un jour près, auraient pu finir brûlés dans un incinérateur à ordures... Je n'en dis pas plus.
Le jeune homme qui a découvert ce trésor s'est improvisé tour à tour technicien de développement, agent posthume, enquêteur, journaliste... avec une admirable et fructueuse pugnacité. Tout de même, retrouver un village français perdu dans les Alpes à partir d'une simple photo et de dizaines d'heures passées sur Google images, développer et encadrer des clichés lorsqu'on ne l'a jamais fait, retrouver des témoins, démarcher galeries et musées... Il faut vraiment saluer John Maloof. 
Tout a commencé (et continue) là : Le blog créé par John Maloof
Préparez-vous à beaucoup d'émotion face à ces clichés en format réduit, mais suffisant pour mesurer le talent de Vivian Maier, et avoir le coup de foudre pour les vieux aux corps noueux, les regards francs ou en coin des dames, les chiens cocasses, les architectures, les arrestations, les travailleurs, les vagabonds, les jambes, les enfants, les amoureux, ... éternels et inépuisables sujets du photographe de rue, saisis par Vivian à fleur de peau, à la juste distance de l'émotion inquiète. 

A la recherche de Vivian Maier est donc le titre d'un docu-enquête qu'il a fini par réaliser avec l'aide de Charlie Siskel (qui a également produit Bowling for Columbine, par exemple...) 
La bande-annonce : 


Les clichés ont essentiellement été pris à Chicago, des fifties aux nineties, mais Vivian a tout de même fait son petit tour du monde de huit mois ; on en voit un aperçu dans le documentaire. 


Quelque chose de ce documentaire qui m'a déplu, et que l'on devine à la bande-annonce, c'est l'accent trop prononcé qu'il met sur la personne de la photographe, ses travers, ses parts sombres. Il y a ce côté très hollywoodien, très "paparazzo posthume", qui fouille la vie privée, qui en remue les couches secrètes et enfouies, qui psychanalyse l'artiste pour en déduire des tenants et même des opinions sur l'oeuvre. Bien sûr, les destins atypiques, les "artistes maudits" fascinent et c'est normal, mais ce grand déballage filmé, avec commentaires (jusqu'aux aveux en direct) et images sur le physique et les comportements de Vivian, m'a dérangé, et, sans aucun doute, aurait désespéré cette artiste si secrète.
En outre, la volonté de produire une enquête haletante prend parfois le pas sur la clarté de certaines informations chronologiques ou sur la manière dont elle a rencontré certains témoins. 
Mais ce documentaire possède aussi bien des atouts, suffisants pour aller le voir au plus vite si possible (à l'Utopia à Montpellier, dans quelques cinémas parisiens, ...) : outre le bonheur de voir des photos extraordinaires au format grand écran, il y a le croisement, non dénué d'humour, de témoignages contradictoires, des extraits des films amateur que tournait également Vivian, sa voix, le parcours jusqu'à la France et l'idée que, oui, par moments, Vivian envisageait peut-être d'exposer. Il y a aussi ces professionnels qui parlent d'elles comme il le faut, en tenant compte de son seul travail d'artiste.
Car là où le film n'exagère pas, c'est au sujet de son immense talent, qui a quelque chose de tous les grands, comme le montre une dame qui met des photos en perspective avec des clichés de Doisneau, Cartier-Bresson, Brassaï, Atget, Airbus... dans les thématiques, mais aussi les techniques : elle a tout. Les compositions, les angles, les lumières, les nuances sont splendides, maîtrisées avec une finesse parfaite. Chaque photo procure ce frisson particulier, cette émotion propre au cliché inoubliable.
Le public ne s'y est pas trompé, et c'est émouvant de voir un grand professionnel ranger, enfin, un carton au nom de Vivian Maier aux côtés de ceux de deux légendes de la photographie. C'est ce même professionnel qui parle à 1'15 dans la bande-annonce, et qui dit tout ce qu'il y a à retenir : avec un appareil photo dans la main, Vivian Maier, enfin, habitait la vie des autres et partageait avec eux un authentique regard, un instant intime. Peu importe le reste, contre Sainte-Beuve...  "I'm a sort of a spy", répondit-elle un jour concernant son métier : c'est bien cela qu'elle fut, avec génie, et qu'elle devrait rester, selon moi. Une âme observatrice voguant invisiblement dans le flot des autres.
Je vous souhaite une merveilleuse découverte.

P.S : Est-il utile de préciser que je rêve de m'offrir les quelques livres sortis, et que je piaffe d'impatience en attendant la première exposition française ?