mercredi 10 septembre 2014

Des chevaux et des hommes

Une séance ciné datant de cet été, je suis en retard !
Pour cette fois, un film islandais... déroutant... exotique... ahurissant... drôle et choquant à la fois, tant la culture et l'humour nordiques sont à part.

Comme un pur produit islandais, ce film transhume au curieux rythme de l'amble, trottant d'un humour noir cruel à la satire des esprits étriqués, des credo nobles ou ridicules, dans le souffle rude et sauvage d'une vallée tout ensemble belle et désolée.
 Le réalisateur Benedikt Erlingsson (dont c'est le premier long métrage) semble placer tout ce monde de regards sous son oeil à lui, avec un détachement apparent qui n'empêche pas l'affection. Le tout est très bien filmé, mais on pourra regretter que le film soit un trop fragmentaire et laisse un goût d'inachevé (il ne dure qu'une heure vingt, et aucun personnage n'est creusé en profondeur). Toutefois, le fil directeur des yeux des chevaux, dont l'iris en gros plan reflète l'avancée d'un homme toujours attendu et craint, accepté jusque dans sa violence par ce prédaté si docile, m'a durablement marquée. 
A la fin, la boucle est bouclée, et l'on est sûr d'une chose : tout passe, là-bas, par les chevaux, par eux les hommes vivent et survivent. On sort non pas en repensant à un personnage, mais en ayant reçu une grande claque, et quelques clins d'oeil antimachistes.
Les deux bandes-annonces racontent pratiquement tout le film, c'est de pire en pire décidément les bandes-annonces... ainsi que certaines critiques. Bref, je ne les poste pas.
Pour les âmes sensibles et les plus jeunes, quelques scènes bien difficiles quand même, dont une qui m'a laissée pantoise... Je ne vous en dis pas plus !

dimanche 7 septembre 2014

Dès l'aube, cueillir la rose...


 Une chanson des années 40, pour une robe des années 40 en crêpe de coton. Comme quoi le "color block" ne date pas d'hier.... 


Encore une merveille dénichée dans ma chère boutique vintage Mam'zelle Swing, rue du Roi-de-Sicile dans le Marais à Paris, pour 50 euros. 
Elle aussi, elle est rose : 
Et puis la patronne a toujours le petit geste commercial qui touche, et l'aiguille à la main qui retouche.

La robe se noue normalement derrière, mais j'aime bien devant.
Je constate encore et toujours combien les coupes des années 40 mettent toutes les silhouettes en valeur, pulpeuses ou minces.

Avec, on me repère de loin, c'est pratique, et je me sens joyeuse même lorsqu'il fait gris !
Mais en ce mois de septembre estival, aussi, dans la lumière du matin, quand le soleil me prend dans ses bras, qu'il me parle tout bas, je vois la vie en rose... 

Et ce, même de (très) bonne heure, quand je suis en pilotage automatique et que ma tête ressemble à ceci (vue extérieure, vue intérieure :-)

samedi 6 septembre 2014

De l'art du compliment


 Un article pour aborder un sujet qui me tient à coeur. Je précise en préambule que je pense en écrivant aux compliments quels qu'ils soient, portant sur l'attitude, la personnalité, la beauté extérieure ou intérieure, les actes, etc.

Dans nos sociétés de tradition judéo-chrétienne, souvent, nous n'osons pas le compliment. Il risquerait de flatter la vanité de l'autre, il serait superficiel, ou intéressé... Quel dommage. Certes, il peut se briser sur ces écueils ; mais comme en bien des domaines, les dérives ne doivent pas nous faire abandonner le principe essentiel.
"La calomnie a, au moins, cet avantage sur la louange d'être toujours crue". Charles Régismanset.
Car je ne sais pas si c'est le cas pour vous, mais pour ma part, chaque compliment visiblement sincère que l'on a pu me faire est gravé dans ma mémoire, m'a fait un bien fou et durable, me retraverse parfois et me donne le sourire. Ceux qu'un ami masculin a pu me faire sans ambiguïté ; ceux que j'ai pu recevoir de gens qui constatent le fruit de mon travail ; ceux des amies, les vraies, ne sentant ni l'envie, ni la malsaine adoration... 
Les compliments faussés sont vite reconnaissables à leur surabondance... mais pourquoi tomber dans l'excès inverse ? 
Je ne crois pas que les compliments rendent vantard ou vaniteux. Non, je crois même que l'orgueil et la fierté mal placée se développent sur le terrain du manque de reconnaissance et de bienveillance de la part de ceux qui nous entourent. 
"Un compliment, c'est un peu d'amour dans beaucoup d'esprit." Emile Faguet 
Il est également tabou d'être fier de soi, il est mal vu de se "jeter des fleurs". Mais alors, que reste-t-il pour consolider notre fragile confiance en nous ? N'avez-vous jamais eu les larmes aux yeux en recevant un compliment inattendu, touchant quelque chose de vous que jugiez négativement jusque-là ? Un compliment que vous n'oublierez jamais ? 
Pourquoi exprimer plus souvent les reproches que les compliments ? Cela ne peut que priver les premiers de leur efficacité, donner aux autres un sentiment de désamour, d'injustice.
Et je crois, oui, (vous me direz si vous n'êtes pas d'accord) qu'il en est ainsi pour tout le monde. Même pour ceux que les compliments gênent, qui manquent trop d'estime d'eux-mêmes pour pouvoir les accueillir : au fond, loin sous la surface, il mènent leur petit chemin bienfaisant, fortifiant, voire réconfortant, voire réparateur. Et plus ces personnes recevront des compliments similaires de personnes différentes, plus elles se laisseront persuader de leur véracité. Même pour ceux qui ont l'air imbus de leur personne et dotés d'une assurance à toute épreuve : sous la surface, une petite voix appelle une confirmation qui les apaiserait enfin, qui leur ferait un peu lâcher prise.
Oui, vraiment, je vous le dis : même si vous avez été élevé à l'encontre de cette idée, même si vous n'en avez pas reçu d'abord, jetez des fleurs soigneusement choisies, cueillies à l'instant précis où elles y sont prêtes, dès que vous en avez spontanément envie ; jetez-en aux autres, amoureux, enfants (ils en ont tant besoin pour se construire!), parents, amis, collègues, inconnus croisés dans une boutique ou un train... Vous serez heureux de les avoir données, et ce faisant vous en aurez semé d'autres. Le pur compliment, désintéressé et délesté de ses oripeaux comparatifs (à soi, aux autres, au passé du complimenté), est une bénédiction laïque, qui donne foi en soi et ne provoque nul péché d'orgueil. C'est un art et son domaine est sans bornes, du plus petit détail au plus général. Merci à ceux qui m'ont déjà donné l'occasion d'y goûter, sur ce blog entre autres ; j'espère l'avoir également pratiqué, je m'y emploie, en tout cas, maladroitement parfois, mais sincèrement toujours. Il est si délicieux de se réjouir des autres. On peut même épargner les gênes en travaillant l'art du compliment sous-entendu, parfois par un simple "elle aussi/lui aussi", "comme toi" ajouté au compliment d'un tiers dans la conversation... Ainsi le compliment, décentré, peut n'être pas relevé et produire son petit effet en toute discrétion ! Oui, ça sent le vécu... il y a des gens si délicats, si pleins de tact !
Et comme réponse au compliment ? Un simple merci souriant vous vient... ne suffit-il pas ? Vous rougissez... Ce n'est pas grave. Ne pas se sentir obligé de le  minimiser, ou d'en faire un aussitôt en retour. C'est difficile, c'est vrai, mais on finit par y arriver. S'enfuir si l'on est gêné. L'emporter chez soi, pour le savourer. Ou alors, on peut rétorquer...:

Quelle injure qu'un compliment ! On ose me louer ! Ne suis-je pas au delà de toute qualification ?
  Paul Valéry, Monsieur Teste (1926)

dimanche 31 août 2014

Roussillon et ses Ocres




 




Ces couleurs chaudes et ces verts vifs... A peu près tout ce que j'aime...

Voici ce que j'ai pu apprendre sur les mines d'ocre : 
Les ocres sont des îlots de silice, enchâssés entre les chaînons calcaires du Lubéron et des Monts du Vaucluse. C'est pourquoi on y trouve une belle végétation calcifuge (intolérante au calcaire, et donc rare en Provence), comme le pin maritime, le châtaignier, la bruyère. Mais on y trouve aussi des espèces indifférentes à la nature du sol, comme les chênes blancs et verts ainsi que les pins d'Alep. En un mot, ces mines sont situées dans une très belle forêt !
L'ocre est un colorant minéral naturel extrait des sables ocreux. Il s'agit d'un mélange de kaolin, de fer et de quartz qui s'est déposé là il y a 110 millions d'années, lorsque la mer recouvrait la Provence... On marche donc sur un véritable sable fin, brique, magnifique. 
Il ne faut pas confondre avec d'autres "terres rouges" dans le Monde (Colorado, Australie, Inde, Jamaïque,...) qui sont d'autres compositions (alumine, calcaire).

Sur un mur, intérieur ou extérieur, c'est incomparable, plus vibrant et naturel que les colorants synthétiques d'imitation qui sont ternes et uniformes. On peut préparer des teintes du jaune clair au rouge foncé. Avis aux futurs décorateurs de maison ! Plein d'infos et une vente authentique et éclairée ici

Voyez Roussillon :







C

Cette vigne a 158 ans, c'est inscrit sur la petite ardoise :-)

samedi 30 août 2014

Ma TTT (tenue tout terrain) de cet été

Matières douces, confortables et résistantes, légères et respirantes ; couleurs claires entre ciel et terre, assorties à mon Panama ; coupes flatteuses pour mon surpoids du moment (manches couvreuses de bras flasque ET jupe dissimulatrice de genou boudiné ; fluides mais près du corps : ces quelques détails font perdre plusieurs kilos visuellement, et les gens tombent toujours des nues lorsque je leur avoue mon poids actuel. Tout cela pour dire que je vais bientôt publier un article avec quelques conseils vestimentaires adaptés à la morphologie, ainsi que le suivi d'une salvatrice reprise en main.)... Ces deux vêtements auraient presque pu constituer mon unique trousseau pour l'été. Et puis j'ai toujours adoré les jupes à poches, c'est si pratique (ce sont de vraies poches, où je peux même mettre mes clés...).



Le chemisier est en soie sauvage ; c'est un Tara Jarmon, payé 30 euros en dépôt-vente. Il est très chic et, vraiment, va avec absolument tout. Il est légèrement transparent, mais s'accommode très bien d'une lingerie chair sans choquer personne (l'avant est plus opaque que le dos). J'aime beaucoup le dos, et devant deux pans sont spécialement conçus au-delà des boutons pour le nouer : l'effet est plus classe que lorsqu'on noue une chemise à la diable (mais j'aime aussi :-).

Je voudrais vous parler de la marque de la jupe : il s'agit d'EKJO, une marque de fabrication française qui décline des coupes et des matières d'esprit asiatique, épuré (la créatrice est d'origine coréenne) et glamour à la fois ; la boutique est dans le Marais (rue de Poitou) ou dans le 6e (Odéon). Les tissages sont particulièrement intéressants, les coutures d'une grande qualité. Les prix sont habituellement inabordables pour moi (et beaucoup de monde), mais il y a un rayon liquidation dans lequel j'ai pu sélectionner cette jupe à la coupe originale et ultra confortable. L'extérieur est en coton et la doublure, très agréable, en acétate.
Ce sont chez eux les robes et les manteaux que je trouve les plus beaux.

Puisqu'on parle de Corée, un 2e envoûtement musical : Youn Sun Nah. Allez jusqu'au bout, et vous ouvrirez les yeux très grand... pendant exactement 25 secondes sans reprendre votre souffle.

J'y avais essayé une robe il y a deux ans déjà (et avec 12 kilos de moins, oui oui, je pétais la forme en c'temps-là ma p'tite dame)..., et je me suis toujours souvenue à quel point j'étais bien dedans. Comme il ne restait qu'une taille un peu trop grande (maintenant elle m'irait - rire jaune -), je l'avais juste photographiée pour donner une idée de sa beauté et de son confort (et pis j'avais oublié de bloguer). Je trouve le travail des pinces et des plis assez exceptionnel (sur ma jupe aussi... surtout lorsqu'elle est bien repassée, donc pas en vacances, non mais). Je suis moins fan de la ceinture, mais il eût été facile d'arranger ça !



 

Je vous conseille donc un petit tour pour le plaisir, et un petit détour par les modèles en liquidation...  La, la la...

Foi de Perrette pas si légère ni si court vêtue, vous vous y sentirez pourtant telle !


vendredi 29 août 2014

Devinez quoi, devinez quoi !

 ...






Le Bon Coin, c'est vraiment un bon coin !
100 euros le Panasonic GF2 (hybride) avec sa bonne sacoche, je revis ! 

Voici quelques essais que j'ai faits lors de mes deux derniers jours de vacances, avec le mauvais objectif d'origine... Les couleurs, les couleurs! Le piqué ! Raaaah ! Qu'est-ce que ce sera quand j'en aurai un bon, avec un vrai zoom... 
Mais j'ai encore beaucoup à faire pour apprendre plus de réglages manuels (en particulier dans la pénombre et en intérieur) et trouver comment les poster sur le blog sans trop alourdir le chargement, mais sans trop perdre en qualité non plus.

Pour accompagner ces quelques clichés (sans retouche ni recadrage, sauf pour la 2e), et même s'il n'a aucun rapport avec eux, mon envoûtement musical du moment.

Couleurs familiales






Ce week-end, j'ajouterai les ocres de Roussillon, et une tenue, enfin !