dimanche 17 septembre 2017

Au musée Bourdelle - Antoine : 1861-1929

Bonjour à tous !

Je n'ai rien posté depuis mai, et pourtant, l'envie n'a pas diminué... Après un été bien mouvementé, j'ai l'intention de reprendre les publications à un rythme hebdomadaire, après une refonte complète du blog et une maquette toute différente, aidée par une pro... Travail en cours...

En attendant, parmi les articles en souffrance, il y a ma visite au musée Bourdelle, que je ne connaissais pas encore, à l'occasion de l'exposition Balenciaga, L’œuvre au noir. Ce dernier n'est pas mon couturier préféré, mais la dissémination de ses robes noires très graphiques parmi les figures expressives de Bourdelle était plutôt réussie. Toutefois, j'ai décidé de livrer séparément les photos des sculptures et des vêtements, parce qu'il était difficile de photographier les robes (éclairage très tamisé, vitrines) et surtout parce que j'ai déjà beaucoup à poster sur la collection permanente du musée, caché dans une rue plutôt laide... mais qui vous réserve un accueil grandiose, dès le cloître :

L'organisation en étoile du bâtiment ne manque pas de charme ; notamment grâce à la cour intérieure et au petit jardin, où des sculptures à demeure bravent les éléments.

Les Musiciens, quatuor tchécoslovaque :

Buste de Léon Cladel, 1898 :

L'endroit le plus appréciable fut pour moi l'atelier lui-même : l'atmosphère recueillie, la lumière, les teintes, le désordre savamment orchestré et la variété des très belles œuvres qui s'y trouvent m'ont donné envie de rester longtemps.


Bourdelle est notamment connu pour ses bustes de Beethoven (on pouvait en admirer de nombreux dans la récente exposition de la Philarmonie sur le compositeur). Pour un artiste fasciné par l'expressivité des visages, les traits tourmentés jusqu'au difforme, le génie romantique enfermé en lui-même fut une source d'inspiration particulièrement féconde.

Etude pour le Beethoven dit aux deux mains, 1908

Le style de Bourdelle évolue énormément au cours de sa vie : formé aux Beaux-Arts puis auprès de Rodin, il a suffisamment de personnalité pour s'approprier le romantisme expressionniste de ce dernier, puis pour atteindre une épure structurelle novatrice, sans renier pour autant ses premières influences.

Coquelin Cadet en Mascarille (1891) :

Hamlet, 1891 :

Mecislas Golberg, 1898 
(écrivain polonais libertaire, mort de la tuberculose en 1907) :

Antonin Bunand, vers 1900 :
Tête d'Apollon (1900-1909) :

D'après le cartel, il s'agit d'une œuvre-clé dans l'évolution du sculpteur, car si elle dénote son goût pour l'antique et le fragment archéologique, elle est aussi la preuve de son émancipation, à travers la recherche nouvelle d'une conception très architecturée, tout en plans et facettes.  Bourdelle cessera de collaborer avec Rodin en 1908.
James Frazer, 1922
 
Au tournant du siècle, les bustes se tournent vers une intériorité mystérieuse, faite d'angoisse et de force : Bourdelle s'est approprié la sensualité et l'originalité de Rodin, les a renouvelées grâce à sa propre sensibilité.
Drame intérieur, 1899

Le Jour et la nuit, ou Adolescence, 1900-1904 :
A voir en entier ici

La Nuit, 1904 :


Comme pour les bustes, l'évolution du traitement des sujets féminins est flagrante : l'épure gagne du terrain, à mi-chemin entre sobriété antique et vision contemporaine.

Vieille bacchante, 1902-1903 :

Modèle timide, 1910 :

Pénélope, 1912 :

Petite statuette en pied , 1917 :
(modèle : Madeleine Charnaux, pilote d'avion, élève et muse de Bourdelle)
Un style proche de l'archaïsme grec, qui permet de rappeler au passage que Bourdelle était également un professeur aimé et recherché par des élèves très divers, dont un certain Giacometti...

En effet, à partir de 1914, Bourdelle accède à une notoriété grandissante : commandes et expositions se succèdent, et le devant de la scène est libéré par le décès de Rodin en 1917. Antoine Bourdelle est mort en 1929. Ce ne sont pas ses dernières oeuvres que je préfère, mais il ne tient qu'à vous de vous rendre au musée (et place de l'Alma... et en de bien nombreux endroits) pour en juger vous-même. :-)


mercredi 10 mai 2017

Le festival Chtchoukine, acte II

Voici donc la 2e partie du modeste compte-rendu de l'exposition Chtchoukine. 

J'aime beaucoup la peinture de la fin du XIXe en général, et j'ai été servie en découvertes !

D'abord, cette petite toile est officiellement devenue mon Courbet préféré, tant les couleurs sont belles :

Ci-dessous, un détail du Marché de l'orientaliste britannique Frank Brangwyn : 

La Dormeuse du symboliste Eugène Carrière
Le symbolisme n'a jamais été ma tasse de thé, mais l'art du fondu d'Eugène Carrière fait exception !

Charles Cottet, Soir orageux, les gens passent, 1897
Une toile qui sort vraiment du lot par rapport à ce que je connais d'autre de ce peintre que j'appréciais moyennement ; encore un témoignage, à mon goût, de l’œil acéré de Chtchoukine.

Vuillard, Intérieur, 1899 (détail)

J'ai beaucoup aimé cet Homme nu assis du XIXe, simiesque et hiératique, originaire de Guinée (anonyme).
Les dernières salles proposaient un bel aperçu de l'avant-garde russe, à laquelle je ne connaissais rien... La force des lignes et des couleurs est magnifique dans certaines œuvres :

Lioubov Popova, Architectonique picturale, 1918

Ivan Klioune, Le Musicien, 1916
Je ne sais pourquoi, mais je le trouve particulièrement touchant.

Nu de Vladimir Tatline, 1913 (détail)

Et on pouvait notamment découvrir de nombreuses toiles de Kasimir Malévitch, qui s'est essayé à tous les styles, entre autres le néo-primitivisme et le cubo-futurisme ! Je retiens notamment ce Baigneur


et ce magnifique doublé de Porteuse(s) de seaux... :