mercredi 17 décembre 2014

Le Graal bio pour les cheveux : trouvé ! Il suffisait d'"être de mèche"... (Propolia / Apimab)

Comme pour beaucoup de celles et ceux qui essaient de vivre plus sainement, les produits pour les cheveux sont l'une des priorités à changer, tant ils contiennent de saletés qui passent dans notre cuir chevelu et nos nappes phréatiques. Alors, il y a ceux qui prennent le temps de fabriquer leurs propres produits, et puis ceux qui cherchent une gamme bio satisfaisante... Et là... bonjour la galère. Certaines y consacrent même un blog entier... comme Mini ou Jungle !
Je ne poste pas souvent pour ma part, car je trouve les bancs d'essai fastidieux, et j'attends les coups de coeur pour vous en parler !
Le moment est venu, je crois que je suis arrivée au terme de ma quête ! Après avoir testé... quasiment un shampoing et un après-shampoing différents chaque fois que j'ai dû en racheter depuis huit ou neuf ans, j'ai enfin trouvé le produit qui me convient, et à la composition irréprochable : pas de tensioactif sulfaté (contrairement à l'immense majorité des shampoings bio), rien de lourd ni d'agressif. La magie du miel, sans doute...
Par ailleurs, il peut sembler cher, mais il est très concentré : le premier flacon a duré six semaines (je lave mes cheveux longs et mixtes deux fois par semaine en moyenne). 

Tadam ! Il s'agit de la gamme "Etre de mèche" de Propolia (fabriquée dans mon département natal, en plus!). J'utilise : 
- le shampoing traitant (Propolis, miel, argile et cade ; il sent bon, l'odeur est moins résineuse que dans d'autres shampoings au cade) - il existe aussi un shampoing doux ;
- le masque capillaire hydratant (karité, huile d'avocat et miel). 


Je n'ai donc que des compliments à lister : 
Pour les deux produits : 
* une composition particulièrement propre pour nous et pour notre eau : d'après le site La Vérité sur les cosmétiques, l'ensemble des ingrédients INCI sont notés "bien" ou "très bien". (Ne l'oubliez pas, vous pouvez y chercher tous les ingrédients de vos produits : ICI.) ; 99 et 99,5 % des ingrédients d'origine naturelle (à ne pas confondre avec l'origine végétale) ;
* 100% d'agriculture biologique pour les ingrédients végétaux ; 
* une formule très concentrée, économe pour nous et pour la planète ;
* des alcools doux uniquement ; 
* des contenants très légers, parfaits lorsqu'on part souvent en goguette...

Pour le shampoing  :
* un véritable pouvoir nettoyant et traitant, tout en gardant :
* une grande douceur, il ne dessèche pas du tout, n'agresse pas le cuir chevelu non plus.  

un bémol : j'aimais la formule précédente, qui moussait peu et que j'émulsionnais moi-même avec de l'eau ; la nouvelle mousse davantage et je n'aime pas cela, j'ai l'impression de lessiver mes cheveux. Mais peut-être cela poussera-t-il les utilisateurs à en utiliser encore moins ? pas sûr...
[A ce sujet, sachez que nos cheveux sont rarement vraiment sales à la fréquence où nous nous lavons les cheveux : il s'agit surtout d'oxygéner le cuir chevelu et de leur redonner leur légèreté. N'hésitez donc pas à ne shampouiner que le crâne ; le produit qui coule sur les longueurs pendant le lavage et le rinçage suffit largement pour le reste. Un coiffeur même pas écolo m'avait donné cette astuce il y a très longtemps, afin d'éviter de décaper les longueurs.] 

Allez, un autre bémol quand même : j'aimerais de plus grands contenants et des recharges économes en plastique. 

Pour le masque : 
Il pénètre le cheveu (pourtant, les miens sont très peu poreux) et l'hydrate en profondeur sans laisser de film (facile à rincer). Mais attention, vous n'aurez pas d'effet miraculeusement brillant / démêlant comme avec certains silicones ou les cires / quats qui s'y substituent fréquemment dans les gammes bio pour gainer le cheveu. Bref, aucun agent occlusif, et une texture qui peut sembler peu agréable à étaler, mais comme un produit honnête et naturel qu'il est, c'est dans l'action et non dans l'apparence qu'il se révèle : le cheveu le boit littéralement (et pourtant jusqu'à présent le beurre de karité n'a jamais pu pénétrer mes tifs!). C'est un masque et non un après-shampoing, mais il me permettra de me passer le plus souvent de ce dernier.
Là aussi il peut sembler cher, mais très peu suffit, même sur cheveux longs ! On peut le laisser poser 5' comme une nuit selon les bienfaits recherchés...
Masque capillaire "être de mèche" au karité, huile d'avocat et miel bio, 200mL.
"Donnez un souffle de vie à vos cheveux ! Le masque capillaire certifié Bio Propolia offre à votre chevelure tous les ingrédients nécessaires à sa souplesse et à sa brillance. Grâce à l’association intensément riche de ses composants, vos cheveux sont nourris et réparés, prêts à se démêler dans une douce odeur de Miel et de Tiaré."        >> Aqua, Butyrospernum Parkii Butter Extract*, Aloe Barbadensis Leaf Juice*, Cera Alba*, Prunus Amygdalus Dulcis Oil*, Persea Gratissima Oil*, Prunus Armeniaca Kernel Oil*, Mel*, Glycerin**, Cetearyl Alcohol, Arachidyl Alcohol, Coco Glucoside, Xanthan Gum, Propolis Cera*, Alcohol**, Rosmarinus Officinalis Leaf Oil*, Arachidyl Glucoside, Parfum, Benzyl Alcohol, Citric Acid, Sodium Benzoate, Potassium Sorbate, Dehydroacetic Acid, Linalool. * Ingrédients issus de l’Agriculture Biologique. ** Transformés à partir d’ingrédients biologiques.
99% du total des ingrédients sont d'origine naturelle
99% du total des ingrédients végétaux sont issus de l'Agriculture Biologique
38% du total des ingrédients sont issus de l'Agriculture Biologique
- See more at: http://junglehairlover.blogspot.fr/2014/07/haul-propolia-me-rend-belle.html#sthash.qdxkpfDj.dpuf
Masque capillaire "être de mèche" au karité, huile d'avocat et miel bio, 200mL.
"Donnez un souffle de vie à vos cheveux ! Le masque capillaire certifié Bio Propolia offre à votre chevelure tous les ingrédients nécessaires à sa souplesse et à sa brillance. Grâce à l’association intensément riche de ses composants, vos cheveux sont nourris et réparés, prêts à se démêler dans une douce odeur de Miel et de Tiaré."        >> Aqua, Butyrospernum Parkii Butter Extract*, Aloe Barbadensis Leaf Juice*, Cera Alba*, Prunus Amygdalus Dulcis Oil*, Persea Gratissima Oil*, Prunus Armeniaca Kernel Oil*, Mel*, Glycerin**, Cetearyl Alcohol, Arachidyl Alcohol, Coco Glucoside, Xanthan Gum, Propolis Cera*, Alcohol**, Rosmarinus Officinalis Leaf Oil*, Arachidyl Glucoside, Parfum, Benzyl Alcohol, Citric Acid, Sodium Benzoate, Potassium Sorbate, Dehydroacetic Acid, Linalool. * Ingrédients issus de l’Agriculture Biologique. ** Transformés à partir d’ingrédients biologiques.
99% du total des ingrédients sont d'origine naturelle
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Masque capillaire "être de mèche" au karité, huile d'avocat et miel bio, 200mL.
"Donnez un souffle de vie à vos cheveux ! Le masque capillaire certifié Bio Propolia offre à votre chevelure tous les ingrédients nécessaires à sa souplesse et à sa brillance. Grâce à l’association intensément riche de ses composants, vos cheveux sont nourris et réparés, prêts à se démêler dans une douce odeur de Miel et de Tiaré."        >> Aqua, Butyrospernum Parkii Butter Extract*, Aloe Barbadensis Leaf Juice*, Cera Alba*, Prunus Amygdalus Dulcis Oil*, Persea Gratissima Oil*, Prunus Armeniaca Kernel Oil*, Mel*, Glycerin**, Cetearyl Alcohol, Arachidyl Alcohol, Coco Glucoside, Xanthan Gum, Propolis Cera*, Alcohol**, Rosmarinus Officinalis Leaf Oil*, Arachidyl Glucoside, Parfum, Benzyl Alcohol, Citric Acid, Sodium Benzoate, Potassium Sorbate, Dehydroacetic Acid, Linalool. * Ingrédients issus de l’Agriculture Biologique. ** Transformés à partir d’ingrédients biologiques.
99% du total des ingrédients sont d'origine naturelle
99% du total des ingrédients végétaux sont issus de l'Agriculture Biologique
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Et puis, bon, je ne veux pas avoir l'air de me mettre à la propagande, mais leur gel douche (gamme "Dans ma bulle") et leur crème pour les mains (gamme "A bras le corps") sont impeccables également (et quelles bonnes odeurs, légères, fraîches et tendres!) 

J'espère que leur succès grandissant ne va pas déborder les laboratoires Apimab, les pousser à revendre, à baisser l'exigence de leurs produits... Croisons les doigts, et longue vie aux ruches. [Pour les vegan qui refusent le miel, je rappelle que les abeilles sont indispensables à la vie sur Terre, et que les apiculteurs permettent de compenser (très partiellement) les terribles pertes que nos modes d'agriculture et de vie leur font subir]. 

Pour éviter les transports inutiles, commandez donc sur place, sur La boutique de l'abeille !  - et allez y faire un tour lorsque vous pourrez : c'est un bien bel endroit où butiner... (photos prises un soir de l'été 2008) : 



Tiens, ils font des coffrets cadeau... En voilà une bonne idée !

jeudi 11 décembre 2014

Le sel de la Terre




Je ne vois pas comment parler de ce documentaire.
Je ne l'ai toujours pas fait, à vrai dire, pas vraiment.
Il est là, gravé en moi pour toujours. Gravé en moi pour toujours, son regard toujours humain sur le pire. Horreur et beauté réunies en un alliage nouveau. Photographiées à en mourir.








Chaque photo de Salgado est un tableau, presque une eau-forte parfois ; les contours sont nets à couper le souffle, et sa lumière vous happe instantanément. Sa lumière, ses puits et ses pans coupés. Un noir et blanc magistral, implacable, où tout est en place dans l'immobile infini du mouvement.
J'aurai chez moi dès que possible ses livres, pour pouvoir me replonger encore et encore dans leur magie faite d'aplats argentés et d'énergie vitale. Mais rien ne vaut l'immersion pleine du grand écran : avoir la chance de voir les photos dans ces conditions (elles occupent une belle partie du film) est une chance irremplaçable.
La beauté de cet homme, son regard, sa voix m'émeuvent tant...

Otra-vista.com

Quant à celle de Wim Wenders (Les Ailes du désir, Pina, Buena Vista Social Club, Paris, Texas,...), vibrante et frissonnante... Le réalisateur a su manifester sa présence réservée et sa recherche photographique avec une complicité profonde et légère à la fois.
Certains hommes prouvent que le monde vaut la peine d'être vécu. Wim Wender et les Salgado sont de ceux-là. Si les hommes sont le sel de la Terre, eux en sont l'écume. Leur duo magnifique semble pouvoir sauver ce qui ne pouvait plus l'être.

 Matthieu 5-13 : Vous êtes le sel de la terre.
 Marc 9 49-51: Car tout homme sera salé de feu. Le sel est une bonne chose... Ayez du sel en vous-même et soyez en paix les uns avec les autres.

On sort du cinéma en pensant, comme lorsqu'on était enfant, que plus tard, on sera comme eux. Et que plus tard, pour nous, il faut que ce soit maintenant.
Le film me travaille tous les jours, de différentes manières. J'y reviendrai peut-être lorsque son chemin en moi sera plus avancé. Entre Brésil et Koweït, Rwanda et France, Enfer et Paradis.


Pour rester un peu avec eux (à regarder plutôt après) :

Exposition de la BNF sur Salgado

Une brève interview de Wenders sur le film, assez riche sur le plan esthétique : CLAP

Et les propos d'une avant-première suisse reproduite par la Cinémathèque suisse :

 Un parfait complément (à regarder plutôt après) : Une conférence de Sebastiao Salgado lui-même,
"Le drame silencieux de la photographie".

dimanche 7 décembre 2014

Tableau d'automne (II)

Nouvelles coquetteries d'automne... 





Le maquillage : 

Je cherchais depuis longtemps un fard à paupières idéal, entre l'anis, le jaune et le vert, car j'ai une teinte d'iris facilement ternie par des pigments trop proches, mais j'avais quand même envie d'un camaïeu.
J'ai trouvé ! La teinte "Douceur camel" de Phyt's. Sur les photos, elle est étalée sur toute la paupière mobile, que j'ai ensuite modelée avec un brun cuivré de chez Couleur Caramel et un léger effet fumé avec le fard S11 de Une. Je porte aussi un mascara Couleur Caramel, mais je viens de commander celui de la marque Avril pour le renouveler, on verra si la tenue est meilleure et s'il va mieux dans les angles ! Enfin, je n'oublie jamais d'agrandir l'oeil avec un crayon clair, beige plutôt que blanc pour le naturel.C'est vraiment le petit truc qui change tout.
Sur les lèvres, le baume coloré (chocolat) Nuxe, qui n'est pas bio mais que je termine depuis... des années, et qui n'a ni tourné, ni viré pour l'instant !
Rien sur le teint hormis un peu de poudre libre minérale. 

Les ongles : 

Un nouveau vernis : "Macks", de Essie. (to mack : draguer, frimer... hum... c'est la couleur qui compte, pas vrai?) Un beau bordeaux / grenat, lumineux quand même (je n'aime pas les vernis trop foncés et mats, d'autant que visuellement cela ne convient pas à des ongles étroits et des doigts plutôt larges).
Concernant les vernis, je pose une base durcissante "bio" Couleur Caramel, mais pour les couleurs je ne prends plus qu'Essie : le choix de couleurs est extra, le rapport qualité-prix excellent, et en "bio", le bénéfice est mince et le temps de séchage et la consistance (chez Couleur caramel) comme la tenue et les pigments (chez Kure Bazaar)  ne me satisfont pas. Même en terme d'odeur , je trouve que les vernis Essie sont les moins gênants, contrairement à ceux d'OPI, qui sont bien par ailleurs. Dernier point : ils partent très facilement avec un dissolvant bio. 
Pour que mes ongles tiennent bien le coup et ne se pigmentent pas, j'essaie d'alterner une semaine sans vernis / une semaine avec une base durcissante qui donne un effet brillant / une semaine avec un vernis de couleur.  Ca marche plutôt bien.

La coiffure : 
J'ai testé "à la diable", avec des chaussettes trop courtes et sur cheveux sales, cette technique un peu dingo découverte sur Youtube (Mademoiselle Blush) et que l'on se passe visiblement de blogueuse en blogueuse : les chaussettes bigoudis !


Je suis emballée ! Pas besoin de bigoudis d'aucune sorte dans la valise ou la salle de bain (le sopalin ne m'avait pas convaincue, les élastiques serraient trop...). Là c'est parfait. Je retente bientôt, et mieux. A réserver aux nuits en solo... en les plaçant bien on dort bien. Je dirais même plus : cela me force à dormir sur le dos, ce qui est une très bonne chose !

Les vêtements :

- Veste courte en daim Charles G achetée 30 euros en friperie en... 2003 ! Nous sommes inséparables. 
- Echarpe en laine : La fiancée du Mékong, achetée il y a plusieurs années aussi. 
- Jupe plissée vintage achetée 29 euros chez "Les Georgettes", une sympathique petite boutique vintage du Marais où on trouve aussi bien de la fripe que de la haute couture. (17 rue Barbette). Ca, c'est un achat récent, elle m'a tendu les bras depuis la vitrine, depuis que je cherchais une jupe de cette couleur ! Elle est en polyester, mais il faut voir la qualité dudit polyester !
- Bottes : achetées 45 euros sur un vide dressing, pour leur belle teinte entre brun et auburn. C'est du simili, mais de bonne qualité, bien souple.
- Pendentif contenant une feuille d'érable dorée (bijou de famille).
- Boucles d'oreille : en argent et ambre, je les achetées il y a x temps à Paris, où, combien, je ne sais plus...

Un peu de cocooning plus hivernal avec mon grand pull d'homme Malboro Classics que j'avais payé 10 euros chez Emmaüs il y a quelques années...

samedi 6 décembre 2014

Ode à la clémentine

     De loin, on dirait une petite planète orange*, tout unie, un peu bossue. Ou une baballe. Mais si c'est une belle, une à feuilles, leur vert profond, luisant comme celui d'une plante grasse, forme un magnifique contraste.
     Lorsqu'on approche son nez, on ne sent presque rien. On est déçu. L'écorce (ou péricarpe) est épaisse, un peu grasse, granuleuse. Comme une solide carapace.
    Alors, on se décide à planter son ongle dedans. Il perce le résistant flavedo, puis une peau fine et blanche, l'albedo, rempart plus fragile. Une odeur sucrée, fruitée, aiguë, légèrement amère, voire un peu de jus, s'échappe enfin, dans une vaporisation joyeuse qui atteint parfois jusqu'aux yeux. On sent qu'on est près du but. On a un peu de zeste sous l'ongle du pouce, mais ce n'est pas grave, ça le parfumera. On poursuit avec enthousiasme, en arrachant des lambeaux de plus en plus grands qui prennent de jolies formes. Un soyeux bruit de déchirement les accompagne.
     Là, c'est un fruit tout à fait différent qui s'offre à nous. Il est velouté, marbré de blanc, strié par les rainures de chaque quartier. Par lequel attaquer, comment fracturer le trésor ? On la saisit par le haut, et on se lance, avec espoir : si elle est bonne, c'est facile, ça vient tout seul, les jolies enveloppes translucides se séparent sans protester, en un ultime froissement de peau. On prend ensuite le temps de retirer la colonne centrale. On en détache enfin tout à fait une cuisse, sur laquelle on appuie la pulpe des doigts : on la trouve douce, fraîche, moelleuse et ferme... elle est devenue confiante, et c'est le moment de mordre dedans, à pleines, à belles dents. L'ultime enveloppe (poétiquement nommée loge carpellaire) résiste un peu entre les dents et puis cède : le jus coule, sucré, acidulé, mais pas acide, comme un été dans l'hiver, sans pépins.
  


    C'est la clémentine, croisement de la mandarine et de l'orange douce. Un hybride de la fin du XIXe qui prit son nom en hommage à un père Clément. Vivement que j'aille là d'où elle vient, en Corse, au Maghreb, en Italie ou en Espagne, pour humer son arbuste, aux feuilles et fleurs très odorantes. 

    Son doux nom tintinnabule (quel joli verbe) et réconforte : après tout, clemens signifie bon, en latin. Tout est clair.

* Quelques explications :
Un orange bien uni  n'est pas du tout synonyme de qualité supérieure ou de maturité idéale (pour aucun des agrumes). Les fruits industriels subissent même des "déverdissements", pour faire mieux... (soupir). Or, il est normal qu'un agrume tire sur le jaune, le vert, et ce de manière irrégulière. Pourquoi ? Parce que le zeste est riche en chlorophylle et en pigments jaunes et oranges (caroténoïdes), : c'est des chocs thermiques jour ensoleillé / nuit fraîche que viennent la dégradation de la chlorophylle et la révélation des autres pigments, pour une coloration différente selon chaque variété. Plus l'amplitude thermique entre nuit et jour sera élevée, plus le ton orange (ou jaune) monte. En particulier, les clémentines corses (mes préférées) ont un "cul vert" qui affirme leur identité de fruit naturel. N'hésitez pas !

Bonne dégustation !

Et pour la petite séquence nostalgie :

mercredi 3 décembre 2014

Roman Vishniac (au musée d'art et d'histoire du judaïsme)


Roman Vishniac (1897-1990), né en Russie et mort aux Etats-Unis, juif émigré pendant la guerre, nous a offert un inestimable témoignage sur la vie des populations juives européennes, émigrées ou non, avant et après guerre, depuis les ghettos de Varsovie jusqu'aux cabarets américains, en passant par les campagnes profondes. L'exposition est chronologique et fournie ; elle permet de rendre compte d'une société qui a basculé du bonheur à la tragédie, mais qui a su défendre et retrouver le premier, autrement... Les clichés sont sensibles, tantôt spontanés, tantôt ultracomposés, toujours intéressants. 
Plusieurs séries de reportages, commandées par le JOINT (l'organisation humanitaire juive fondée en 1914) afin de s'informer de la situation et de montrer les bénéfices de ses actions, présentent un intérêt plus documentaire qu'artistique à mes yeux (peut-être parce que c'était des commandes, justement). La série des portraits aux tartines est bien sympathique tout de même. :-)

C'est de la très belle photographie, même si elle ne me bouleverse pas autant que d'autres dont j'ai pu parler ici (ou dont je parlerai bientôt! - d'ailleurs, c'est décidé, j'essaierai d'aller faire un tour à la Maison Européenne de la Photographie chaque fois que j'irai traîner mes guêtres à Paname...)

Toute l'exposition peut être vue ou revue sur le site de l'ICP , avec tous les panonceaux explicatifs (en anglais). Je me dispense donc de légender les photos, qui viennent presque toutes de ce site, vous ne m'en voudrez pas! Vous pouvez d'ailleurs toujours consulter le nom des images en plaçant le curseur dessus.

Pour le plaisir : mes préférées (les "rubriques" sont les miennes et non celles de l'exposition, plus précises). Clair-obscur pictural, compositions parfaites, vives émotions vives, contrastes saisissants... il y en a beaucoup, l'exposition étant très riche. Je ne détaille pas davantage chacun de ces mini coups de foudre et vous laisse aux vôtres ! (N'hésitez pas à les partager en commentaire, c'est bon, l'admiration partagée!)

Humour, joie et poésie dans le Berlin des années vingt : 
dans les gares, les zoos ou à la dérobée des portes cochères...

 
Montée du nazisme : Vishniac fait poser sa fille Mara près d'une devanture qui vante les mérites d'un outil pour l'appréciation des crânes et de la race...

Communautés juives dans les années 30 : 
Merveilleuse, merveilleuse photo, ma préférée : 

 Je vois un film de Chaplin, lui qui avait été à la place d'un enfant de ce genre et n'avait pas eu besoin de documentation sur la misère pour tourner ses films... Gros plan sur les chaussures que j'ai pris à l'exposition (beaucoup de reflets) :


Expositions YIVO à New-York, en 1944 et 1945 : 
La vie renaissante et presque incongrue dans les décors de ruines, 1947 : la magnifique photo d'un marseillais, avec Notre-Dame-de-la-Garde en arrière-plan, et plusieurs images - croquis?- de Berlin, ville martyre, elle aussi...

La silhouette d'un parfait fax-terrier se découpe sur les vestiges de l'une des ruches de la République de Weimar : la Maison Romaine.

 Le refuge américain : 

Le fils de Vishniac
 Des enfants malentendants apprennent à articuler.
 La sublimissime artiste burlesque Sherry Britton (1918-2008!)

 Le comique Irwin Corey en plein show, mis en valeur par un angle fort bien choisi !

 Einstein dans son bureau de Princeton, 1942...

Quelques anecdotes : 
- On peut écouter l'interview (en anglais non sous-titré) de David Eckstein, l'enfant anonyme d'une célèbre photographie de Vishniac, identifié bien plus tard. 
- Le portrait d'Einstein figurait parmi les préférés de celui-ci. 

Compter deux bonnes heures pour prendre son temps (et selon l'affluence). J'y suis allée un dimanche matin glacial, à 11 heures, et je n'ai pas du tout attendu !
Surtout que vous souhaiterez sans doute prendre votre temps pour admirer la (grosse) cerise sur le gâteau : le diaporama des explorations photomicroscopiques de Roman Vishniac. Il est visible sur le site aussi, mais dans le noir et en grand format, c'est quelque chose... L'éclatante et envoûtante splendeur du très petit comme je ne l'avais encore jamais vue, pour ma part. Les aiguilles de pin se font mandalas, les vitamines et les cellules deviennent des vitraux, l'oeil du moustique s'apparente à la haute joaillerie... Quel bonheur de découvrir ces beautés que l'homme a cru inventer ! Ne soyons pas mauvaises langues : il a su, au moins, élaborer l'oeil qui saurait voir mieux que celui que dame Nature lui avait attribué : profitons de cette chance ! 
Je place ici quelques clichés que j'ai pris dans la salle du diaporama, qualité forcément limitée... mais déjà de grandes merveilles...